Université Toulouse le Mirail v1.0

U.F.R. de Psychologie

1Évaluation et développement de tests pronostiques pour une thérapie psycho-acoustique

Eric Raufaste

Évaluation et développement de tests pronostiques pour une thérapie psycho-acoustique

Eric Raufaste

Evaluation de l'efficacité de l'Oreille Electronique sur le test d'Ecoute (population globale)

Il s’agit ici d’une évaluation basée sur l’évolution des seuils d’écoute. Cette question peut se décomposer en plusieurs niveaux, selon que l’on considère la quantité brute de séances suivies ou si l’on décompose l’étude en fonction des séries (qui qualitativement correspondent à des phases différentes de la méthode). Il convient de remarquer que la majorité des sujets n’ont jamais passé le second examen.

2Approche globale

La comparaison porte sur 525 sujets utilisables pour les deux premiers tests d’audition aérienne, puis respectivement 388, 314 et 252 pour les trois tests suivants.

Il existe une assez grande disparité entre les sujets quand au nombre de séances reçues au moment de l’examen. Par exemple le premier post-test inclut des sujets ayant reçu de 1 à 218 séances[2]. En fait, la courbe est bimodale avec une majorité de sujets à 20 séances (n = 118) ou à 30 séances (n = 110). Cela correspond au chevauchement d’une époque où les tests avaient lieu toutes les 20 séances, avec l’époque actuelle où les tests ont lieu toutes les 30 séances. Le nombre moyen de séances au moment de l’examen est néanmoins de 30,74 lors du premier post-test, 59,05 au second, 85,16 au troisième, et 111,84 au quatrième.

Frequences

En ce qui concerne la première série, et pour toutes les fréquences, on constate un gain d’environ 3 dB[3], c’est à dire une atténuation du déficit auditif aérien droit. Ce gain est significatif à pour toutes les fréquences.

Figure 18 : gains bruts réalisés en audition aérienne aux deux premières séries

Il ressort de l’ensemble des résultats aériens qu’une amélioration sensible se manifeste pour l’oreille droite entre les deux premiers tests. Cette amélioration est encore significative mais plus réduite entre les deuxième et troisième test. Ensuite, l’amélioration existe toujours mais n’est plus significative si l’on ne considère que des tests adjacents (4 et 5 par exemple).

En ce qui concerne l’oreille gauche, l’amélioration n’est sensible qu’entre les deux premiers tests. Ensuite, l’effet du traitement va toujours dans le bon sens, mais n’est plus significatif.

En ce qui concerne l’audition osseuse, les résultats sont sensiblement les mêmes : résultats significatifs pour le premier post-test, peu, voire pas significatif ensuite. En outre, l’effet est nettement plus marqué pour l’oreille droite que pour l’oreille gauche. Il faut remarquer un effet inattendu : alors que les gains ne semblent pas

3Chez les adultes

Le “ gain par séance ” est calculé en retranchant le déficit auditif au test n+1 du déficit constaté lors du test n. Le chiffre obtenu est donc positif pour une amélioration de l’audition à la séance (d’où le terme de gain). Ensuite ce gain est divisé par le nombre de séances reçues par le sujet entre les deux tests.

Serie

Figure 19 : gains moyens par séance, selon la série, chez l’adulte en aérien droit

Calculée chez les adultes, les résultats apparaissent surtout significatifs pour la première série. Et particulièrement pour la fréquence de 8000 Hz. Pour les séries suivantes, l’effet des séances est relativement stable mais il peut être masqué par des variations aléatoires. Il est tout de même à remarquer que la quatrième série se distingue chez l’adulte par un effet très marqué sur les fréquences basses (125 et 250 Hz)

En ce qui concerne l’oreille gauche, les résultats sont globalement non significatifs, même si un certain nombre de points atteignent une valeur statistiquement significative - par exemple les séances de la série n°3 amènent une amélioration significative pour les fréquences basses (125 et 250 Hz) ou au contraire à 8000 Hz.

Comme dans le cas de l’audition aérienne, les gains sont véritablement significatifs pour la première série, et cela pour toutes les fréquences, à l’exception de 4000 Hz. En ce qui concerne les séries suivantes les choses sont plus complexes. En ce qui concerne la quatrième série, même si le graphique peut laisser penser que les résultats sont comparables à ceux de la première série, il n’en est rien car aucun n’atteint le seuil de signification.

Serie

C’est la fréquence de 250 Hz qui semble profiter de la meilleure amélioration, quelle que soit la série envisagée[4]. En ce qui concerne l’audition osseuse gauche chez l’adulte, les résultats n’ajoutent rien, aussi ne la développerons nous pas ici.

4Chez les enfants

Serie

En ce qui concerne l’oreille droite en audition aérienne, le gain moyen semble plus élevé globalement chez les enfants que chez les adultes. En outre, il est significatif pour toutes les fréquences à la série (sauf à 6000 Hz où il n’est que tendanciel). Il est encore significatif pour toutes les fréquences de 125 à 3000 Hz lors de la seconde série (sauf 1000 Hz).

Serie

Si les résultats sont globalement significatifs pour la première série, ils ne le sont plus ensuite. On observe même une régression (quoique non significative) au niveau des fréquences basses de la troisième série et des fréquences hautes de la quatrième série. Néanmoins, à 125 Hz, le gain redevient significatif pour la 4ème série.

La comparaison des schémas, de l’amplitude des gains notamment, montre clairement que les gains obtenus sur l’oreille gauche sont moins marqués que ceux obtenus sur l’oreille droite. Pour les deux oreilles, c’est la fréquence de 6000 Hz (courbe rouge) qui bénéficie le plus des séances de la première série, la plus profitable globalement.

Serie

Comme chez les adultes, les gains en audition osseuse sont inférieurs à ceux réalisés en audition aérienne. Les gains négatifs que l’on peut observer, en particulier sur la série n°3, n’atteignent pas le seuil de signification.

Aucun des gains en audition osseuse sur l’oreille gauche n’atteint un niveau suffisant pour être statistiquement significatif (à l’exception des gains à 750Hz pendant la 4ème série). En conséquence, nous n’avons pas produit les courbes pour cette condition.

En résumé, nous pouvons remarquer que la cure produit des améliorations, quoique limitées à quelques décibels, de l’audiométrie. Les enfants se distinguent des adultes : chez les enfants les gains sont plus importants et plus systématiques. En revanche, l’apport de chaque séance est de plus en plus faible. Chez l’adulte les gains sont plus limités mais l’apport relatif de chaque séance d’oreille électronique ne diminue pas avec le nombre de séances.

MODÉLISATION DES EFFETS DE L’OREILLE ÉLECTRONIQUE SUR LE TEST D’ÉCOUTE (CHEZ L’ADULTE).

Étant donné que nous nous intéressons ici principalement aux facteurs psychologiques en tant que prédicteurs des gains que la cure d’oreille électronique induit sur le test d’écoute, et que le principal test disponible, le MMPI est réservé aux plus de 16 ans, nous allons donc terminer ce travail en nous restreignant à la population des sujets ayant passé ce test, et donc essentiellement des adultes.

5Modélisation de l’effet brut des séances.

Le patient s'engage à utilisé la machine un minimum de cinq fois par semaine

Une date de début est ficé est une date butoir généralement supérieur au temps necaissaire

Comme nous l’avons vu, les séances d’oreille électronique semblent avoir un effet favorables sur l’audiométrie. Une première analyse des gains au test d’écoute a montré que le meilleur modèle de cet effet semble être la modélisation en croissance qui est de la forme

Gain = e(aX + b)

Où Gain = seuil initial – seuil final (car les seuils positifs mesurent des déficits)

a et b sont deux constantes à déterminer

e est la fonction exponentielle

X est le nombre de séances reçues par le sujet.

Afin de pouvoir appliquer les statistiques de modélisation, qui impliquent le passage en logarithme[5], la valeur du seuil est en fait majorée de 100 points, ce qui correspond simplement à un changement d’origine de la courbe. Ceci évite les valeurs négatives qui auraient empêché la modélisation en croissance.

La modélisation semble indiquer un effet très significatif de la cure d’oreille électronique sur les gains dans le test d’écoute, pour toutes les fréquences et dans toutes les conditions. A titre d’exemple, nous rapportons un extrait des résultats de la modélisation des gains apportés par la méthode en audition aérienne droite, pour toutes les fréquences. Les tableaux (développés in extenso dans les annexes) sont très similaires pour l’audition osseuse gauche et droite.

Independent: SEAN

Dependent Mth Rsq d.f. F Sigf b0 b1

DSAD1 LIN ,009 1061 9,59 ,002 4,6253 7,9E-05

DSAD2 LIN ,015 1061 16,46 ,000 4,6376 6,7E-05

DSAD3 LIN ,008 1061 8,80 ,003 4,6347 4,7E-05

DSAD4 LIN ,010 1061 11,16 ,001 4,6265 7,7E-05

DSAD5 LIN ,017 1061 17,92 ,000 4,6354 6,1E-05

DSAD6 LIN ,008 1061 8,95 ,003 4,6326 7,1E-05

DSAD7 LIN ,022 1061 23,89 ,000 4,6319 8,8E-05

DSAD8 LIN ,032 1061 35,04 ,000 4,6379 8,5E-05

DSAD9 LIN ,024 1061 26,52 ,000 4,6285 8,6E-05

DSADA LIN ,014 1061 15,33 ,000 4,6112 9,2E-05

DSADB LIN ,038 1061 42,13 ,000 4,6264 ,0002

Tableau 4 : Modélisation en croissance des gains apportés à l’audition aérienne droite

Les valeurs b1 et b0 de SPSS correspondent respectivement aux coefficients a et b de l’équation exposée plus haut.

Ces résultats font apparaître plusieurs éléments :